Claude Code sur mobile : j’ai transformé mon téléphone en poste de travail (et le micro a failli avoir ma peau)

Un jour je me suis dit : « et si mon téléphone devenait mon poste de travail principal ? » Spoiler : c’est possible. Deuxième spoiler : le micro a essayé de m’en dissuader pendant deux bonnes heures.

Voici comment j’ai installé Claude Code sur Android via Termux, comment j’en ai fait mon outil de travail du quotidien, et surtout tout ce qui a mal tourné en chemin — parce qu’un tutoriel qui ne parle que du chemin heureux, c’est un mensonge par omission.

Pourquoi coder depuis son téléphone (oui, sérieusement)

Pas de laptop sous la main, une idée qui ne peut pas attendre, ou juste l’envie de prouver qu’on peut : peu importe la raison, avoir un assistant de code complet dans sa poche change la donne. Pas de compilation locale à gérer, pas d’IDE à faire tourner — juste un terminal et une connexion.

Étape 1 : installer Termux

Termux, c’est l’émulateur de terminal Linux pour Android. À installer via F-Droid de préférence (la version Play Store est abandonnée et pleine de bugs — demandez-moi comment je le sais).

pkg update && pkg upgrade
pkg install nodejs git

Étape 2 : installer Claude Code

npm install -g @anthropic-ai/claude-code
claude

Et voilà, un agent de code complet qui tourne dans un terminal Android. À ce stade j’étais plutôt fier de moi. Ça n’a pas duré.

La vraie galère : faire fonctionner /voice

Taper sur un clavier tactile pendant des heures, ce n’est agréable pour personne — ni pour moi, ni pour mes pouces, ni pour les gens autour qui entendent le petit “tac tac tac” désespéré. Naturellement, j’ai voulu activer /voice. Naturellement, rien ne s’est passé comme prévu.

Problème n°1 : les paquets audio manquants

Termux, par défaut, ne sait pas ce qu’est un micro. Il a fallu installer toute une chaîne audio à la main — PulseAudio, ALSA, sox — en priant à chaque commande pour que ça ne casse rien d’autre :

pkg install pulseaudio alsa-utils sox

Sur le papier ça a l’air simple. Dans la vraie vie, c’est trois paquets, cinq erreurs de dépendances, et la ferme intention d’abandonner à mi-chemin.

Problème n°2 : Android qui protège son micro comme un coffre-fort

Même une fois la chaîne audio installée, Termux n’a — par design — aucun accès direct au matériel Android. Il faut passer par Termux:API (l’app séparée, à installer aussi depuis F-Droid), accorder manuellement la permission microphone à Termux dans les paramètres Android, et découvrir au passage qu’Android peut révoquer cette permission tout seul si l’app n’est pas utilisée pendant quelques jours. Merci Android, très pratique.

Bilan : entre les paquets audio et les permissions, ce qui semblait être « une commande à taper » s’est transformé en une soirée entière de débogage, plusieurs redémarrages de Termux, et un fort sentiment d’incompétence temporaire. Mais ça a fini par marcher.

En faire son outil de travail principal

Une fois l’installation stabilisée, la vraie transformation, c’est l’habitude : garder Termux ouvert en permanence, utiliser des sessions qui persistent même écran éteint, et surtout accepter qu’on ne va pas review un diff de 500 lignes sur un écran de 6 pouces sans y laisser sa vue.

  • Petites tâches ciblées plutôt que des refontes entières — le téléphone n’est pas fait pour scroller un fichier de 2000 lignes.
  • La voix pour les instructions longues, le clavier pour les corrections précises.
  • Un bon clavier Bluetooth quand on est posé quelque part — le tactile a ses limites, même avec de la bonne volonté.

Est-ce que ça vaut le coup ?

Oui — mais pas pour remplacer un vrai poste de travail à temps plein. C’est l’outil parfait pour ne jamais être bloqué : dans les transports, en attendant un café, ou tard le soir quand une idée refuse de vous lâcher. Le micro fonctionne enfin, mes pouces vous remercient, et mon téléphone est officiellement devenu plus utile que certains de mes anciens laptops.

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